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Née du Ciel et de
la Terre,
Thémis porte en elle la mémoire des origines.
Titanide parmi les immortelles, elle devint auprès de Zeus
la voix sereine de la sagesse.
Gardienne de la loi divine, des serments,
Celle qui sait que l’ordre véritable ne naît jamais de la force,
mais de l’équilibre de l’âme.
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𝓖𝓪𝓻𝓭𝓲𝓮𝓷𝓷𝓮 𝓭𝓮 𝓵’𝓸𝓻𝓭𝓻𝓮 𝓼𝓪𝓬𝓻𝓮́
Avant que les hommes ne donnent un nom à la faute
et à la vertu,
avant que les lois ne gravent leurs sentences
dans la mémoire des siècles, il y eut une voix…
Une voix ancienne née entre le souffle du Ciel
et le silence fécond de la Terre.
Elle s’appelait Thémis.
Elle ne
criait pas la justice. Elle l’écoutait.
Dans ses
mains reposait une balance
où ne pesaient ni l’or, ni le pouvoir, mais la vérité secrète des âmes.
Sur l’un
des plateaux, les blessures que l’on cache.
Sur l’autre les vérités que l’on refuse d’entendre.
Et lorsque les deux plateaux
frémissaient,
Thémis demeurait immobile,
car elle savait que la justice véritable
ne naît jamais de la colère,
mais de cette sagesse silencieuse qui regarde au-delà des apparences.
Son glaive ne cherchait pas la vengeance. Il
tranchait les voiles.
Il séparait le mensonge de la vérité,
l’orgueil de la dignité, la cruauté de la nécessité,
afin que chacun puisse retrouver le chemin oublié de sa propre lumière.
Et son regard, parfois voilé, ne
l’était pas pour ignorer le monde…
Mais pour
ne pas confondre
la justice avec le visage de celui qui la réclame.
Car Thémis savait
ce que les hommes oublient souvent :
La vérité n’a pas besoin de
bruit pour être vraie.
Elle traverse les siècles avec la patience des
étoiles,
et finit toujours par rejoindre celui qui l’attend.
On raconte qu’elle connaissait les
secrets du destin
et que sa sagesse précédait même les paroles des dieux.
Peut-être est-ce pour cela qu’elle
demeure encore parmi nous…
Dans chaque conscience qui refuse l’injustice,
dans chaque cœur qui choisit la droiture
alors que le monde lui offre le détour, dans chaque âme qui préfère
une vérité douloureuse à un mensonge confortable.
Thémis n’habite pas seulement les
palais des dieux.
Elle
demeure dans cet espace invisible
où l’âme se retrouve face à elle-même.
Là où nul
masque ne demeure,
où nul pouvoir ne protège, où les apparences s’effacent
et où chacun découvre enfin le poids véritable de ses choix.
Alors, dans
le silence de l’Éden,
lorsque la lune suspend son argent aux branches du temps,
il suffit parfois de fermer les yeux
pour entendre son murmure :
« Ne
cherche pas à vaincre. Cherche à être juste.
Car celui qui possède la vérité
n’est pas toujours celui qui parle le plus fort,
mais celui dont l’âme demeure en paix
lorsqu’elle se regarde dans le miroir du ciel. »
Et depuis
les profondeurs de l’éternité, Thémis veille.
Impartiale. Sereine. Inflexible
et douce.
Gardienne d’un ordre que nul homme ne peut abolir.
Car les siècles peuvent effacer
les royaumes,
les puissants peuvent disparaître, les serments peuvent se briser…
Mais il demeure, au cœur de l’univers, une loi plus
ancienne que les hommes :
Celle qui remet chaque chose à
sa juste place.
Et peut-être est-ce cela, la véritable justice…
Non pas punir la nuit, mais
permettre enfin
à la lumière de retrouver son chemin.
Copyright Veronique B -Tous droits
réservés
La justice ne
cherche ni vengeance ni victoire.
Elle attend, silencieuse, que la vérité retrouve son chemin.
Car lorsque l’âme
demeure droite,
nul tumulte ne peut longtemps déséquilibrer la balance du destin.
« La véritable justice
ne pèse pas les hommes ;
elle révèle simplement le poids de leurs actes. »









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