Il est des
histoires que le temps ne parvient pas à ensevelir,
des amours si profondément gravés dans l’âme
qu’ils semblent encore respirer sous les pierres anciennes.
Celle de Psyché et
d’Éros est de ces légendes qui nous bouleversent,
car derrière les dieux, les épreuves et les ombres,
elle murmure une vérité infiniment humaine :
l’amour peut connaître la peur, l’absence, la faute et les larmes…
mais lorsqu’il est véritable, quelque chose en lui refuse de mourir.
Et peut-être est-ce pour cela que, depuis
des siècles,
leurs deux âmes continuent de nous émouvoir :
comme si, au-delà du mythe,
elles nous rappelaient que certaines lumières
sont destinées à briller jusque dans la nuit.
🏹𝓟𝓼𝔂𝓬𝓱𝓮́, 𝓵’𝓐̂𝓶𝓮 𝓭’𝓔́𝓻𝓸𝓼🪽
𝓛𝓮 𝓢𝓸𝓾𝓯𝓯𝓵𝓮 𝓺𝓾𝓮 𝓵𝓪 𝓙𝓪𝓵𝓸𝓾𝓼𝓲𝓮 𝓷𝓮 𝓹𝓾𝓽 𝓮́𝓽𝓮𝓲𝓷𝓭𝓻𝓮
Dans les jardins secrets où l’Olympe sommeille,
Une âme aux ailes d’aube émergea de la veille.
Psyché, rose mortelle aux célestes reflets,
Portait dans ses prunelles un éclat sans pareil.
Sa beauté, trop divine aux yeux de l’immortelle,
Fit pâlir les autels de la grande Cybèle ;
Mais Aphrodite, en sa jalousie souveraine,
Jura de livrer l’âme à quelque obscure peine.
Elle ordonna à son fils, l’archer aux traits de flamme,
De percer cette enfant d’une blessure infâme ;
Mais le trait, déviant sous un destin moqueur,
Blessa le dieu lui-même et transperça son cœur.
Éros l’aima dans l’ombre, en secret, sans visage,
Et fit de leur amour un nocturne voyage.
Un palais de songes s’ouvrit sous ses pas,
Mais l’amour se cachait, qu’elle ne devait voir.
Or la douteuse nuit enfanta la curiosité ;
Une lampe trembla sous sa main agitée.
Elle contempla le dieu dans son sommeil d’azur,
Et l’amour, découvert, devint soudain blessure.
Une goutte brûlante effleura son épaule,
Et le songe amoureux se brisa dans l’aurore.
Éros prit son envol vers les hauteurs du ciel,
Laissant Psyché seule avec son cœur mortel.
Alors commencèrent les chemins de l’épreuve,
Là où l’âme se forge au creuset de ses rêves.
Elle tria les grains sous la nuit menaçante,
Et la fourmi vint, douce armée diligente.
Puis elle osa chercher la toison de lumière,
Que gardaient des béliers aux fureurs meurtrières.
Le roseau lui souffla quelque sagesse obscure :
« Attends que le soleil apaise leur armure. »
Psyché recueillit, parmi ronces et rameaux,
Les fils d’or abandonnés par les fauves troupeaux.
Puis vint l’eau ténébreuse aux abords du Styx noir,
Que nul mortel n’osait contempler sans effroi.
Mais l’aigle de Zeus, messager des hauteurs,
Porta pour elle l’eau des infernales profondeurs.
Enfin s’ouvrit devant elle une porte sans âge,
Et Psyché descendit vers le sombre rivage.
Elle franchit l’Enfer sans renier son espoir,
Un pain pour Cerbère et l’obole du passeur.
Perséphone lui donna, en un coffret scellé,
La parcelle de grâce aux mystères voilés.
Mais la curiosité, amante de l’inconnu,
Fit tomber sur ses yeux le sommeil de la nuit.
Elle ouvrit le coffret… et le silence vint ;
Le sommeil de la Mort sur son âme s’étendit.
Alors, du haut des cieux, l’Amour fendit la brume,
Et son baiser rendit son souffle à la lumière.
Éros, enfin vainqueur de la peur et du doute,
Retrouva son aimée au terme de sa route.
Zeus ouvrit les portes du royaume immortel,
Et l’âme épousa l’Amour dans un hymne éternel.
Depuis, Psyché déploie ses ailes de lumière,
Papillon consacré aux confins de l’éther ;
Et son nom, dans la nuit, demeure un doux secret :
L’âme ne devient divine qu’après avoir aimé.
Car l’Amour n’est parfois qu’une flèche égarée,
Une blessure obscure où naît l’éternité ;
Et lorsque deux destins traversent les abîmes,
Même la mort s’incline devant leurs âmes sublimes.
Copyright Veronique B -Tous droits
réservés
Ainsi, la jalousie peut semer ses épines,
Elle n’abolira jamais les alliances divines.
Car l’amour véritable, lorsque tout se déchire,
Trouve au-delà des larmes une éternité où s’unir.
Et lorsque la haine croit avoir gagné la bataille,
L’amour renaît plus pur, plus ardent sous les failles.
Car nul destin ne peut réduire au silence
Deux cœurs que l’éternité a choisis dans l’absence.
L’envie peut blesser, la jalousie peut séparer…
Mais lorsque l’amour est vrai, il finit toujours par triompher.




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